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« Deux pays, une île sous protection environnementale »

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« Deux pays, une île sous protection environnementale »

Les deux présidents de l'île ont commémoré ensemble à Ouanaminthe, le mercredi 5 juin, la Journée mondiale de l'environnement, en lançant officiellement la campagne de reboisement pour restaurer la couverture végétale des deux Républiques. Devant des centaines d'écoliers haïtiens et dominicains, Michel Martelly et Danilo Medina Sanchez s'engagent à travailler de concert en vue d'augmenter la couverture forestière de l'île, particulièrement celle d'Haïti qui est très préoccupante, soit moins de 2%.

L'environnement n'est pas une affaire de frontière. Il dépasse bien les frontières. Et quand il commence à se dégrader, tout le monde est concerné. Les présidents haïtien et dominicain le savent. Des organismes internationaux, dont le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'Union européenne (UE), oeuvrant dans l'environnement, partagent ce point de vue. Il faut agir pour protéger l'île Hispaniola.

 

Dosmond, une petite localité de la ville frontalière de Ouanaminthe, a accueilli mercredi les deux chefs d'Etat de l'île ainsi que des centaines d'autres invités, tous massés sur un seul site pour parler une même langue : l'environnement. Un événement organisé là où se trouve le plus grand centre de plantules du pays, où 1 million 200 000 plantules sont produites en un an dans le cadre de la coopération tripartite Cuba, République dominicaine et Haïti. 

 

Les écoliers haïtiens et dominicains, dans une ambiance de solidarité, par un échange symbolique de fanions, ont ajouté une certaine particularité à cette activité organisée autour du slogan: « Deux pays, une île sous protection environnementale ». Elève de rhéto, 18 ans, Bleuette Pierre n'a pas caché sa préoccupation face au constat de la situation alarmante de l'environnement.

 

« Quand j'entends mes parents parler de notre  couverture végétale de jadis, je me sens étrange, a indiqué l'écolière. Que s'est-il passé ? Personne ne me donne une bonne explication. On dirait que tout le monde est coupable. Nous, les enfants, nous n'allons pas nous attarder sur le passé, l'essentiel est de voir comment refaire l'image de notre chère Haïti. Nous devons sauver cette île que nous chérissons tous », a-t-elle ajouté.

 

Une élève de la République dominicaine a, elle aussi, tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation incessante de l'environnement. « Protéger l'environnement doit être un engagement de tous, a-t-elle lancé. Nous avons l'obligation de lutter ensemble pour protéger l'environnement. Face au constat actuel, nous admettons que les adultes n'ont pas protégé assez l'environnement. Nous, les enfants, nous devons agir différemment. »

 

Message reçu et compris. Michel Martelly et Danilo Medina ont de grandes ambitions sur la question environnementale. Le premier a même décrété 2013 l'année de l'environnement. En lançant la campagne nationale de reboisement, le président haïtien en a profité pour égratigner ses prédécesseurs. 

 

« La dernière campagne de reboisement nationale date de 1980, a rappelé Michel Martelly. Cela veut dire qu'il y a plus de 30 ans que des efforts ne sont pas déployés à cet effet », a ajouté le président, se félicitant de la volonté ''totale'' des autorités au plus haut niveau de l'Etat de s'intéresser aux problèmes environnementaux.

 

Avec une couverture forestière de moins de 2%, Haïti va mal sur le plan environnemental. Très mal. Le président de la République en est conscient. « Le plus grand problème de la dégradation de l'environnement est la déforestation du pays, a soutenu Michel Martelly. Dans trois ans, avec détermination, nous voulons que la couverture forestière du pays, qui est moins de 2% aujourd'hui,  passe  à 4%. »

 

« Notre gouvernement envisage de créer des forêts communautaires afin d'augmenter entre 2013 et 2020 la couverture forestière de 27% », a poursuivi le chef de l'Etat, soulignant que la campagne nationale de reboisement va continuer jusqu'en 2016, soit à la fin de son mandat.

 

Pour rendre les actions plus efficaces, Michel Martelly en a profité pour faire une proposition à son homologue dominicain : Que les deux ministres de l'Environnement, présents à l'événement, se rencontrent chaque deux mois pour discuter de leurs stratégies à mettre en place. Danilo Medina est tombé d'accord. Même si la couverture forestière de son pays, soit 39%, est de loin meilleure que celle d'Haïti, le président dominicain est très préoccupé par la dégradation de l'environnement.

 

« Nous contaminons tout sur la planète : l'air, l'eau, la couche d'ozone. Nous causons des dommages aux forêts, a critiqué le président de la République dominicaine.  Les enfants n'ont aucune responsabilité dans les dommages causés à l'environnement », a ajouté Danilo Medina, qui a aussi lancé dans son pays une vaste campagne de reboisement. Plus de six millions de plantules, a-t-il confié, ont été déjà mises en terre.

 

Selon Danilo Medina, le geste de solidarité pour sauver l'île n'aura aucun sens si tout le monde n'est pas impliqué. Il est important, a-t-il dit, de protéger les parcs nationaux, les forêts et la frontière.« C'est notre responsabilité d'éviter leur dégradation », a soutenu le chef de l'Etat dominicain, estimant qu'il faut faire le suivi de tout ce qui a été bien fait et corriger ce qui n'a pas été bien pour protéger l'environnement."

Le Nouvelliste

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