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Les partis politiques rejettent en bloc les objections du président

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Les partis politiques rejettent en bloc les objections du président

Après plusieurs heures de débats houleux, c'est finalement un vote à main levée qui a départagé les diverses positions exprimées dans l'assemblée des partis politiques quant à l'attitude à adopter vis-à-vis des  objections du pouvoir exécutif. Avec 18 voix pour et 11 contre,  les parties prenantes à cette réunion, dont le Parti « Tèt kale », ont décidé de ne rien toucher au texte de loi en souffrance depuis plusieurs années mais plutôt de demander aux parlementaires de le renvoyer en l'état à l'exécutif qui n'aura alors plus de choix.

 

Enex Jean-Charles, représentant du pouvoir exécutif, a ouvert la longue série des discours. Endimanché dans son costume noir, le professeur de droit administratif ne mâche pas ses critiques. « Certains articles du texte de loi ne respectent pas la Constitution du pays, avance M. Jean-Charles. Constitutionnellement, seul l'exécutif peut soumettre un texte de loi ayant des dispositions budgétaires alors que la proposition de loi exige de prélever 1% des recettes nationales pour le financement des partis. » 

 

« De plus, certains articles remettent en question la structure juridique actuelle, poursuit-il. C'était comme si le mandat revenait au parti et non plus à l'élu. Pour ces raisons, l'exécutif, dans ses prérogatives constitutionnelles, fait objection à la loi afin de permettre de l'améliorer.»

 

Malgré les hochements de tête de quelques-uns, la thèse du professeur de droit est vite battue en brèche. Des plus nuancés aux plus catégoriques, les arguments pleuvent.

 

« Je crois que les objections de l'exécutif sont maladroites, dit énergiquement Evelyne Chéron du Parti Respect. En s'opposant d'emblée aux articles qui parlent d'opposition démocratique et à ceux traitant du financement des partis, l'exécutif fait obstacle en fait au renforcement des partis et à leur modernisation. Qu'est-ce qui se passe à chaque élection ? On voit arriver de petits groupes avec leur argent, accumulé on ne sait comment, et qui dépassent financièrement les partis politiques qui eux-mêmes ont passé  des années à travailler sur le terrain. Face à cela, il nous faut un système qui puisse rétablir l'équilibre et le contrôle. C'est justement ce que nous apportera cette loi.» 

 

Pour sa part, Evans Beaubrun du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP)indique d'autres acquis de la loi. « Cette loi doit permettre de renforcer les partis et la création d'une opposition démocratique hors du Parlement, dit l'ancien député. Jusqu'ici, les partis politiques de l'opposition se sont toujours exprimés par la voix de leurs élus au Parlement. Or, nous remarquons que le pouvoir exécutif a toujours systématiquement cherché à coopter les parlementaires au détriment de leurs partis d'origine. Cette loi permettra donc d'enrayer ce fléau. »

 

« Je crois aussi qu'avec cette loi, nous pourrons lutter contre le vagabondage des bannières vendues au candidat express », poursuit M. Beaubrun qui croit donc qu'il faut retourner le texte en l'état.

 

De son côté, le professeur Victor Benoît de la Fusion y voit une manoeuvre du pouvoir en place. « Ce sont des objections politiques, il faut y répondre politiquement. Cette loi apporte un statut à l'opposition démocratique dans ce pays pour équilibrer la vie politique, dit  d'emblée Victor Benoît. Pourquoi donc rejeter toute la partie concernant le financement. Il est clair qu'il y a là un projet manifeste de piétiner les partis politiques. Nous rejetons donc en bloc les objections tout en mettant en garde l'exécutif qui ne veut que faire passer le temps. » 

 

De ces interminables mais nécessaires débats entre les politiques, certains y voient la problématique de l'enracinement de notre régime politique et des incertitudes qui la traverse

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